Le cancer du sein, en Suisse comme dans la plupart des pays développés, est la tumeur touchant le plus de femmes. Elle est aussi la principale tumeur en termes de mortalité. Chaque année en Suisse, plus de 5'700 femmes en sont atteintes, et 1'400 femmes en meurent. Le dépistage précoce est capital, car plus un cancer du sein est détecté tôt, plus les chances de guérison sont grandes.

Nous souhaitons limiter les délais de prise en charge pour que la patiente bénéficie des traitements le plus rapidement possible et dans les meilleures conditions. Chaque patiente est suivie personnellement par une infirmière référente (Breast Care Nurse) dès l’annonce du diagnostic et tout au long de son combat contre la maladie.

Quand consulter un spécialiste

En cas d’anomalie clinique du sein :

  • Douleur inhabituelle
  • Présence d’un écoulement du mamelon
  • Sensation de démangeaison au niveau du mamelon
  • Modification de la surface cutanée
  • Palpation d’un nodule (boule)

À lire : Savoir palper les seins correctement 

Détection

Dépistage

Le dépistage du cancer du sein se fait par mammographie. Cet examen permet de déceler des tumeurs de très petite taille, bien avant que celles-ci ne soient palpables ou ne se manifestent par d’autres symptômes.

La Ligue suisse contre le cancer, comme beaucoup d’experts en Suisse et à l’étranger, recommande aux femmes âgées de plus de 50 ans d’effectuer tous les deux ans un dépistage du cancer du sein. La décision de participer au programme de dépistage de votre canton vous appartient.

Les frais de la mammographie de dépistage sont pris en charge à 90% par l’assurance maladie de base (LAMal) avec exemption de la franchise.

Investigations

Examen médical

Un gynécologue ou un oncologue évalue au cours d'une consultation médicale les éventuels symptômes de la patiente. Le spécialiste précise les antécédents familiaux durant cette entrevue. Il pratique de même un examen des seins et des aires ganglionnaires qui permet de préciser et de mesurer une éventuelle grosseur mammaire (taille, localisation, mobilité, aspect de la peau, etc.) et de palper des ganglions lymphatiques suspects.

Échographie

L'échographie est un examen indolore. Réalisée avec une sonde, cette investigation ne produit pas d'irradiations et fonctionne grâce à des ultrasons. Une échographie complémentaire est souvent réalisée à la suite d'une mammographie. Cet examen permet de guider un éventuel prélèvement (biopsie).

Biopsie ou ponction

Cet examen consiste à prélever puis à analyser un échantillon de tissus situé dans la zone suspecte pour confirmer ou infirmer le diagnostic et préciser la nature de la lésion. Toutes les biopsies sont réalisées sous anesthésie locale.

Imagerie par résonance magnétique (IRM)

Il s’agit d’un examen radiologique non irradiant qui propose des images en 2D ou 3D. L’IRM mammaire est un examen de seconde intention réalisé lorsque l’interprétation des images mammographiques et échographiques n’est pas suffisamment satisfaisante et fait partie du bilan habituel d’un cancer du sein documenté. En outre, l’IRM est également pratiquée de façon presque systématique avant un traitement chirurgical.

Examens complémentaires

Des examens complémentaires peuvent être nécessaires et varient selon chaque situation. Un bilan sanguin est habituel. Un bilan d’extension à la recherche d’éventuelles métastases est demandé pour des tumeurs plus grandes ou agressives. Cette imagerie peut comprendre une échographie hépatique, une scintigraphie osseuse, un CT-Scan (scanner) et un PET-CT (pet-scan).

Annonce du diagnostic par le médecin et mise en relation avec l’infirmière référente

L’annonce de la maladie est un véritable chamboulement dans la vie des femmes atteintes du cancer du sein.

Aussi, dès le début du traitement, la patiente peut contacter une infirmière référente en sénologie dite « Breast Care Nurse » vers qui elle peut se tourner en cas de doutes, de questions ou de besoins. Un entretien entre l'infirmière référente et la patiente est organisé dès l'initiation du traitement. Cette rencontre a pour but de:

  •  discuter des moments importants à venir
  • évaluer les attentes et les besoins de la patiente
  • expliquer les effets indésirables des traitements et comment les atténuer
  • répondre aux questions (peurs, modifications corporelles, sexualité, etc.)
  • fournir des informations et conseils (perruque, prothèses mammaires, sexualité, etc.)
  • mettre en lien avec notre réseau de partenaires (associations, psychologue, etc.)
  • valider la compréhension des points abordés avec son médecin

Notre infirmière référente peut être contactée directement au 021 310 52 21 ou bien par email à sein.lausanne@hirslanden.ch

Tumor board

Une fois le diagnostic de cancer confirmé, le dossier de la patiente est discuté lors d’un colloque multidisciplinaire appelé « tumor board ». Gynécologues, oncologues, radio oncologues, radiologues, pathologues, chirurgiens plasticiens et l’infirmière référente y discutent de la situation et élaborent ensemble une stratégie thérapeutique.

Les options thérapeutiques disponibles aujourd’hui sont très larges. Cependant, le choix du traitement approprié dépend du stade de la maladie, de l’âge et de l’état général de la patiente ainsi que de ses souhaits. Une concertation par un comité expert donne à la patiente l'assurance d’obtenir le traitement le plus adapté par rapport à sa situation et en adéquation avec les dernières recommandations nationales et internationales.

Les propositions de traitements sont ensuite présentées en détail à la patiente. La patiente et ses proches peuvent demander des informations complémentaires pour l’aider si besoin dans son choix. La patiente peut reconsidérer sa décision à tout moment ou demander un temps de réflexion si nécessaire.

Nous adresser une patiente :

Prenez contact avec nos data managers au 021 310 52 20 ou email  cancer.lausanne@hirslanden.ch

Traitements initiaux

Traitements initiaux

Le plan de traitement nécessite des entretiens détaillés avec la patiente et ses proches, car chaque situation est unique.

La distinction entre cancer du sein précoce, limité au sein et aux ganglions locaux, et un cancer du sein avancé, avec présence de métastases, est capital dans la stratégie thérapeutique qui sera à visée curative dans les situations précoces, ou palliative dans les situations métastatiques.

Chirurgie

Il s’agit souvent du traitement de première intention dont l’objectif est de retirer entièrement la tumeur et de vérifier son éventuelle propagation dans les ganglions de proximité, le plus souvent dans l’aisselle. L’importance de la chirurgie est dépendante de la taille de la tumeur, de sa localisation, du type de tumeur et de la taille du sein. Le traitement chirurgical est dit « conservateur » si seule la tumeur est ôtée (tumorectomie), ou « non conservateur » lorsque le sein entier est retiré (mastectomie).

La chirurgie est réalisée sous la conduite d’un gynécologue expérimenté en sénologie. L’intervention est pratiquée généralement en anesthésie générale.

Chirurgie de reconstruction

Quand le résultat esthétique après une mastectomie ou de tumorectomie n'est pas satisfaisant, une reconstruction immédiate ou différée du sein est proposée.

Cette chirurgie n’est pas obligatoire et relève du choix strictement personnel de la patiente. La reconstruction est pratiquée par un chirurgien plasticien qui s’applique à restituer la silhouette du sein d’origine et la symétrie du buste.

Chimiothérapie

Il s’agit d’un traitement médicamenteux agissant contre les cellules cancéreuses en bloquant leur division. Le but de la chimiothérapie est de diminuer le risque de récidive des patientes atteintes de tumeurs du sein précoces et d’améliorer les symptômes et la survie de patientes atteintes d'un cancer avancé.

Dans les situations précoces, la chimiothérapie peut être administrée avant ou après la chirurgie. On parle ainsi de traitement néoadjuvant avant chirurgie et adjuvant après chirurgie. L’intérêt d’un traitement premier ou néoadjuvant est de diminuer le risque de récidive et de permettre une fonte tumorale et une chirurgie plus aisée.

La chimiothérapie est le plus souvent administrée par intraveineuse (perfusion), mais elle peut également l’être par voie orale. Plusieurs cycles sont proposés, et le traitement peut ainsi s'étendre sur plusieurs semaines ou mois, chaque cycle étant suivi d’une période de repos.  La chimiothérapie doit se faire dans une unité spécialisée, avec un personnel de soin formé en oncologie et des oncologues présents.

Les effets indésirables sont fréquents, le plus souvent transitoires et d’intensité variable. Leur prise en charge est de mieux en mieux maîtrisée.

Radiothérapie

Ce traitement est proposé à la majorité des patientes, et de façon systématique si la chirurgie est conservatrice. Il s’agit d’un traitement par rayons prescrit par un médecin radio oncologue. Le but principal de la radiothérapie est de diminuer le risque de récidive locale.

Les séances de radiothérapie durent quelques minutes et sont répétées quotidiennement pendant plusieurs semaines. Seul le volume précis défini par le radio oncologue est irradié ce qui permet de diminuer le risque d’effets secondaires en épargnant les tissus sains.

Hormonothérapie

Beaucoup de tumeurs du sein présentent des récepteurs pour les hormones féminines (en particulier les œstrogènes) qui jouent le rôle de carburant de la croissance tumorale.  Des traitements anti hormonaux permettent de freiner la croissance des cellules cancéreuses.

Généralement administrée par voie orale, l’hormonothérapie peut aussi être administrée par voie souscutanée ou en intra-musculaire. Son but est de diminuer le risque de récidive dans les tumeurs précoces.

Comme la chimiothérapie, elle peut être administrée en adjuvant soit avant la chirurgie, en néoadjuvant, soit après la chirurgie. Dans les situations métastatiques, le but est d’améliorer la survie et les symptômes. Le traitement est de longue durée, le plus souvent entre 5 et 10 ans en traitement adjuvant.

Les effets secondaires tels que les bouffées de chaleur, prise de poids, sécheresse vaginale, etc. nécessitent un suivi médical régulier pour trouver la meilleure stratégie pour les combattre.

Traitements complémentaires (si nécéssaire)

Il est possible que la patiente ait à passer des examens complémentaires en fonction de sa situation. Un bilan d'extension à la recherche d'éventuelles métastases est demandé pour des tumeurs plus grandes ou plus agressives. Cette imagerie peut comprendre  une échographie hépatique, une scintigraphie osseuse, un CT-Scan (scanner) et un PET-CT (pet-scan).

 

Surveillance et suivi

Suivi médical

Chaque patiente se voit proposer un programme précis de consultations et d'examens de contrôle à la fin des traitements. Ce suivi est habituellement réalisé par un oncologue présent tout au long de la prise en charge. Le médecin traitant et le gynécologue sont tenus informés de chaque étape.

La fréquence des consultations de contrôle évolue et diminue progressivement. En règle générale, un rendez-vous avec l’oncologue est planifié tous les 3 mois pendant 2 ans, puis tous les 6 mois pendant 3 ans et enfin une fois par année si nécessaire. Une mammographie et une échographie sont de plus planifiées chaque année dès la fin des traitements et complétées dans certains cas par une Imagerie par Résonance Magnétique (IRM).

Soins de support

Des mesures de soins peuvent être associées au traitement spécifique du cancer en vue d’améliorer le bien-être de la patiente et préserver sa qualité de vie : traitement antidouleur, physiothérapie, conseils nutritionnels, consultation de sexologie, hypnose, acupuncture, etc.

Notre offre est large. Contacter directement notre infirmière référente au 021 310 52 21 qui saura vous renseigner.

Réadaptation

La réadaptation par les activités physiques adaptées est un excellent moyen de se reconditionner.

Avec des individus connaissant une situation similaire, vous pratiquez une activité physique régulière, vous vous soutenez mutuellement et participez à une activité physique adaptée à votre état de santé :

  • Mieux gérer votre fatigue
  • Recharger vos batteries
  • Apprivoiser votre nouveau corps
  • Améliorer votre qualité de vie et votre bien-être psychique

Notre programme

Le programme est varié et adapté à vos capacités personnelles. Il dure 12 semaines à raison de 1 à 3 séances par semaine avec possibilité de prolonger sur 16 semaines en fonction de votre état général. Le suivi est assuré par un maître de sport spécialisé de la clinique Bois-Cerf.

Lors des cours en salle de fitness, vous entraînerez principalement l’endurance, la force, la mobilité et l’équilibre. Les cours de nordic walking vous permettront d’améliorer l’oxygénation de votre corps. En yogathérapie, vous découvrirez des outils pour libérer votre corps, apprivoiser vos émotions et apaiser votre mental par le biais de la respiration, des postures et de la méditation.

Remboursement par l’assurance maladie
Ce programme est remboursé par l’assurance maladie de base mais nécessite une prescription médicale (physiothérapie de groupe) de votre oncologue.

Contacter le centre Actif + pour vous inscrire