Luxation

NE PAS CONFONDRE ENTORSE ET LUXATION

Ce qui les différencie fondamentalement :

  • Dans l'entorse, seul un ligament est lésé et les extrémités osseuses restent bien en place.
  • Dans la luxation, non seulement c'est l'ensemble des ligaments qui sont lésés, mais les extrémités ne sont plus au contact.

Les points communs :

  • Tous deux surviennent à la suite d'un choc.
  • Tous deux peuvent être associés à une fracture.
  • Tous deux (du moins pour l'entorse maligne) doivent être traitées avec la rigueur d'une fracture ce qui impose une mise au repos de l'articulation d'au moins trois semaines

La luxation de l'épaule est très fréquente en sport et concerne surtout l'adulte jeune. Bénigne dans la majorité des cas lorsque la réduction a été effectuée rapidement, la luxation de l'épaule récidive souvent. Revenons sur les conditions de sa formation, ses symptômes, ses traitements et les meilleurs moyens de prévention ...

La luxation antéro-interne représente la forme la plus fréquente de luxation de l'épaule (95 % des cas).

·      La luxation de l'épaule correspond à la sortie de la tête de l'humérus hors de sa cavité articulaire (glène) située sur le rebord externe de l'omoplate. Selon la direction prise par la tête de l'humérus, on distingue la luxation "antéro-interne" (LAI), la plus fréquente, où la tête de l'humérus vient se positionner vers l'intérieur, devant le muscle pectoral et la luxation postérieure (5 %), sans oublier les luxations supérieure ou inférieure (rarissimes).

·      Dans le cas de la LAI, le choc est le plus souvent indirect : chute sur la main ou le coude, bras tendu, ou étirement brutal du bras qui fait sortir la tête hors de son articulation (un mécanisme qui concerne surtout les récidives).

·      Dans tous les cas, cette luxation va déchirer une partie de la capsule et du bourrelet glénoïdien (cartilage fibreux) qui entourent l'articulation et va distendre les ligaments, les nerfs et les artères, d'où la nécessité d'intervenir en urgence pour réduire la luxation afin de limiter les séquelles. En effet, plus la réduction s'effectue rapidement, moins grands sont les risques de récidives.

 

Traitement

La réduction d'une luxation de l'épaule est une urgence. Elle consiste à tirer sur le bras dans l'axe et dans une certaine position afin de réintégrer la tête dans l'articulation. Des radiographies s'imposent après la manoeuvre afin de s'assurer de l'efficacité de la réduction. Deux cas de figure sont possibles :

·      La luxation est diagnostiquée dans les minutes qui suivent l'accident : la réduction doit être tentée par un praticien aguerri, sans anesthésie, à condition d'avoir la certitude qu'aucune fracture n'accompagne la luxation. Cette tentative "à chaud" est d'autant plus efficace qu'elle est effectuée rapidement après l'accident et que la victime est peu musclée ou peu tonique.

·      La luxation est diagnostiquée tardivement (plus d'une heure) et la réduction sans anesthésie risque d'être difficile, mal tolérée et surtout inefficace. Une anesthésie générale de courte durée doit être effectuée. Elle vise à relâcher les muscles contractés par le déplacement afin de faciliter la réduction.

Dans tous les cas, une immobilisation par une écharpe pendant une vingtaine de jours permet de mettre l'articulation au repos et de faciliter la cicatrisation des lésions ligamentaires ou capsulaires. L'immobilisation doit être plus courte possible chez le sujet âgé afin de ne pas compromettre la souplesse articulaire par la suite car un risque de raideur existe après une période prolongée d'immobilisation.

La rééducation doit être systématique après une luxation. Elle vise à renforcer la stabilité active de l'épaule, autrement dit la musculature située en périphérie de l'articulation.