Hirslanden Fachartikel

Les carcinomes de la prostate sont le type de cancer le plus fréquent chez l’homme. Aujourd’hui, le traitement se concentre sur la qualité de vie des personnes concernées.

Text: Maja Schaffner

La prostate est une affaire d’hommes. Car seuls les hommes en ont une: de la taille d’une noix, cette glande est située juste en dessous de la vessie, autour de l’urètre. Malheureusement, ce tissu exclusivement masculin est sujet aux tumeurs: les cancers de la prostate représentent le type de cancer le plus fréquent chez l’homme. Chaque année, près de 6300 nouveaux cas sont diagnostiqués en Suisse, et environ 1300 hommes en meurent. «Les principaux facteurs de risque sont l’âge et les prédispositions génétiques ainsi que le manque d’exercice, l’obésité et le tabagisme», explique Martin C. Schumacher (52 ans), urologue à la clinique Hirslanden à Aarau.

Examen préventif dès 45 ans

Il existe des signes avant-coureurs tels qu’une envie croissante d’uriner, des troubles de la miction, du sang dans les urines ou des douleurs lors de l’éjaculation. Mais ces symptômes se manifestent tardivement et ont généralement d’autres causes. Raison pour laquelle le Dr Schumacher recommande à tous les hommes de faire examiner leur prostate. Notamment ceux dont des parents proches ont, ou ont eu, un cancer de la prostate. Ces derniers ont tout intérêt à consulter le plus tôt possible.

Pour les autres, le premier dépistage devrait idéalement intervenir à 45 ans. «Si le risque de cancer de la prostate demeure faible à cet âge, il semble judicieux de procéder à une première analyse du taux de PSA dans le sang», explique l’urologue. PSA signifie antigène spécifique de la prostate, une protéine exclusivement sécrétée par la prostate. Lorsque cette substance se retrouve dans le sang, cela peut être le signe d’un cancer de la prostate. Selon le spécialiste, «la mesure précoce d’une valeur de référence permet ensuite de mieux appréhender d’éventuelles valeurs élevées». Au cours du premier examen, les hommes sont aussi interrogés sur les cas de cancer dans leur famille et sur leur mode de vie. Leur prostate fait l’objet d’une première palpation depuis le côlon à la recherche de grosseurs et de durcissements. La périodicité des contrôles dépend du profil de risque du patient. Si l’on découvre effectivement une anomalie lors de l’un des examens de routine, on procède d’abord à une vérification visuelle au moyen d’une IRM (imagerie par résonance magnétique) et, si nécessaire, à un prélèvement tissulaire spécifique.

Si le cancer de la prostate est avéré, le traitement dépendra de l’agressivité de la tumeur, de sa localisation exacte, de sa taille, de son développement au-delà de la prostate et de la présence éventuelle de métastases dans l’organisme. «Aujourd’hui, la qualité de vie des patients est au cœur du traitement», souligne le Dr Schumacher. Le recours systématique à la chirurgie est beaucoup moins fréquent qu’il y a vingt ans. Chez les hommes plus jeunes, les carcinomes moins agressifs et plus petits font d’abord l’objet d’une surveillance active: la tumeur est ainsi contrôlée plusieurs fois par an. Elle n’est traitée par des médicaments, des rayons ou une chirurgie que si elle s’étend ou devient plus agressive. Il se peut que cela n’arrive jamais. Pour les patients plus âgés ne pouvant plus être opérés en raison de leur état de santé, on traitera uniquement les éventuels symptômes.

Si une opération se révèle néanmoins nécessaire, il est aujourd’hui possible d’éviter certains effets secondaires tels que l’incontinence et l’impuissance. «Le fait que le chirurgien dispose d’une solide expérience est un facteur décisif», indique l’urologue. C’est le seul moyen d’épargner autant que possible les nerfs de la prostate ainsi que le plancher pelvien et le muscle sphincter voisins. «Mais il n’y a aucune garantie», précise notre interlocuteur. D’autant moins si la tumeur est découverte tardivement.

Stimulant

Saviez-vous que le liquide prostatique représente environ 30%du sperme au moment de l’éjaculation? Il protège et active les spermatozoïdes.

Notre spécialiste

Spécialiste en: Urologie
spécialisé en: Urologie opératoire