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En Suisse, le cancer du côlon est le troisième cancer le plus fréquent, chez les hommes comme chez les femmes. Des examens préventifs perme¬ttent de détecter et de traiter la maladie à temps.

Texte: Maja Schaffner

Personne n’aime parler du cancer du côlon. Il mérite cependant toute notre attention. En eff et, cette maladie est l’un des types de cancer les plus fréquents dans notre pays. Chaque année, quelque 4500 personnes sont touchées et 1700 en décèdent. La bonne nouvelle: des examens préventifs permettent de détecter et de traiter cette maladie avant qu’il ne soit trop tard.

Signaux d’alarme

«Le cancer du côlon apparaît lorsque la muqueuse de l’intestin se modifie», nous explique Stefan Christen, gastro-entérologue. Tout d’abord, des polypes bénins se forment. Des mutations génétiques peuvent ensuite donner naissance à des cellules cancéreuses. La probabilité augmente avec l’âge: une grande partie des personnes touchées est âgée de plus de 70 ans. Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin favorisent l’apparition de la maladie. Le manque d’activité physique, l’obésité, l’alcool, le tabagisme ou encore la consommation de viande transformée jouent aussi un rôle.

«Le problème est que les tumeurs de l’intestin ne se manifestent qu’à un stade avancé», explique le médecin. A savoir lorsque des métastases se sont déjà formées ou sont si grosses qu’elles bouchent l’intestin. Les signaux d’alarme sont par exemple des modifications des habitudes de défécation, comme une envie de se rendre aux toile_ es bien moins fréquente, une forte constipation ou une diarrhée inhabituelle. Du sang dans les selles peut aussi indiquer la présence d’une tumeur.

Contrôles préventifs recommandés

«Plus on détecte les polypes ou les tumeurs de manière précoce, meilleures sont les chances de guérison», affirme le spécialiste. Pour ce_ e raison, on recommande à toutes les personnes en bonne santé entre 50 et 70 ans de se soumettre à des examens préventifs tous les dix ans. En présence de pré cancers, les contrôles devraient être plus réguliers. Les personnes dont des membres de la famille ont été touchés par un cancer du côlon, du sein ou du col de l’utérus, ainsi que quiconque souffrant d’une maladie inflammatoire chronique de l’intestin, doivent se faire étroitement suivre avant même l’âge de 50 ans.

Intelligence artificielle et détection

Souvent, le médecin procède à une coloscopie. En s’appuyant sur l’intelligence artificielle, il examine la muqueuse de l’intestin au moyen d’une caméra. «Cela permet une détection fi able des lésions précancéreuses», commente le Dr Stefan Christen. Les petits polypes sont immédiatement éliminés, ce qui évite qu’ils deviennent cancéreux au fil du temps. En présence d’une tumeur, toute la zone concernée doit être enlevée par voie chirurgicale; une chimiothérapie et une radiothérapie sont elles aussi souvent nécessaires. Les tissus tumoraux sont soumis à des examens génétiques permettant de signaler la présence de mutations qui pourraient augmenter le risque de cancer, y compris chez les membres de la famille. «Aujourd’hui, les examens préventifs permettent d’éviter environ les deux tiers des décès liés au cancer du côlon», se réjouit le médecin de 34 ans. Les coloscopies s’effectuent en ambulatoire, soit au cabinet d’un spécialiste, soit à l’hôpital. Les patients ne peuvent rien manger avant et doivent ingérer des laxatifs. Pendant l’opération, ils portent une blouse s’ouvrant discrètement à l’arrière. Un sédatif léger évite les douleurs. Ils doivent attendre le lendemain pour conduire, utiliser des machines ou, par exemple, monter sur une échelle. Sinon, rien n’est interdit. Et il n’y a plus besoin de penser au cancer du côlon avant le prochain contrôle.

L’intestin, un organe vivant

L’intestin d’un adulte en bonne santé abrite 10 à 100 billions de microorganismes. Ces derniers sont donc plus nombreux que toutes nos cellules.

Notre spécialiste

Spécialiste en: Gastroentérologie , Médecine interne générale