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Tous les couples qui souhaitent avoir un enfant n’y parviennent pas forcément de manière naturelle. Si la plupart des traitements pour stimuler la fertilité sont efficaces, il n’y a toutefois aucune garantie.

Hirslanden - Kinderwunsch
Texte: Maja Schaffner

De nombreuses personnes souhaitent ardemment avoir des enfants. Mais il n’est pas donné à tout le monde d’avoir un bébé facilement. Environ 20% des couples suisses n’ont pas d’enfant. La bonne nouvelle, c’est que dans de nombreux cas, le désir d’enfant peut être comblé grâce à des traitements de fertilité ciblés.

Identifier les causes rapidement

«Il est important que les couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant puissent en rechercher la cause le plus tôt possible», souligne Sabine Steimann (56 ans), médecin spécialiste de la fertilité et directrice du centre de fertilité de la clinique St. Anna à Lucerne. Elle préconise un examen au bout d’un an afin d’en déterminer la cause; voire même six mois pour les femmes de plus de 35 ans. En effet, à partir de cet âge, les chances de tomber enceinte diminuent relativement vite. Le médecin conseille donc aux couples de parler très tôt de leurs projets familiaux. «Lorsque l’enfant désiré se fait attendre, les raisons se trouvent pour un tiers chez la femme et pour un tiers chez l’homme», explique la spécialiste. Pour le reste, il s’agit soit d’une baisse de la fertilité chez les deux partenaires, soit d’une absence de cause (dans un premier temps). Chez l’homme, il arrive que la quantité, la mobilité ou la forme des spermatozoïdes soient altérées. Les facteurs déclencheurs peuvent être les oreillons, la position haute des testicules, l’obésité, mais également la consommation de cannabis. Chez la femme, la fertilité peut être limitée par l’endométriose (une prolifération de muqueuse utérine en dehors de l’utérus), des problèmes de maturation des follicules ou des trompes de Fallope bloquées. Les polypes ou les fi bromes dans l’utérus ainsi que l’obésité peuvent également réduire la fertilité. Enfin, il peut arriver que très tôt, il ne reste plus que quelques ovules. Il existe plusieurs options de traitement. «La moins invasive consiste à observer le cycle et à avoir des rapports sexuels correspondant exactement aux périodes d’ovulation.» Il est en outre possible d’introduire des spermatozoïdes conditionnés dans l’utérus. Des traitements hormonaux sont parfois nécessaires. Une opération peut permettre aux embryons de mieux s’implanter ou aux trompes de Fallope de devenir perméables. Lorsqu’aucune de ces solutions ne fonctionne, on peut avoir recours à l’insémination artificielle. «Pour que l’opération soit réussie, il est essentiel que les ovules soient prélevés à un stade précis de maturation», souligne Sabine Steimann. C’est pourquoi le centre de fertilité qu’elle dirige est également ouvert le week-end.

Un sujet tabou

Les couples qui entreprennent un traitement de fertilité sont souvent soumis à une énorme pression. En Suisse, l’insémination artificielle est non seulement chère, mais les personnes qui y ont recours doivent en assumer les coûts. De plus, l’infertilité involontaire est un sujet tabou: souvent, les couples préfèrent ne pas évoquer leurs difficultés pour avoir un enfant: «Aux Etats-Unis, les couples échangent leurs expériences dans la salle d’a_ ente. En Suisse, même durant les réunions d’information, ils restent entre eux», relève le Dr. Steimann, qui reste convaincue que le fait d’en parler peut aider les couples. Selon l’âge et la situation de départ, entre 35 et 75 % des couples peuvent accueillir un enfant grâce à des traitements de fertilité. Certains ont recours à des méthodes autorisées uniquement à l’étranger, comme le don d’ovocytes ou d’embryons, ou la maternité de substitution. «Les couples qui n’ont pas d’enfant sont souvent rassurés de savoir qu’ils ont tout essayé. Et nous, que nous avons tout tenté pour les aider!»

INSÉMINATION ARTIFICIELLE

Saviez-vous qu’en Suisse, environ 2200 bébés naissent chaque année grâce à l’insémination artificielle?

Notre spécialiste

Spécialiste en: Gynécologie et obstétrique
spécialisé en: Médecine de la reproduction et endocrinologie gynécologique