Questions des lecteurs

Dans les questions des lecteurs du magazine "WirEltern", les spécialistes de Hirslanden répondent aux questions relatives à la grossesse, à l'accouchement et au suivi post-natal.

Maux de tête dus à la péridurale?

Pour mon accouchement, j'ai eu une péridurale. J'ai ensuite souffert de maux de tête intenses pendant presque deux semaines. Y a-t-il un lien? S.C.

Dr Martin Fröhner, anesthésiste à la Hirslanden Klinik Im Park de Zurich.

Selon toute vraisemblance, vos maux de tête sont effectivement liés à la péridurale. Dans environ 1 % des cas, l'enveloppe du canal spinal est perforée, ce qui peut entraîner un écoulement de liquide céphalorachidien, et donc des maux de tête violents. Ils dépendent généralement de la position. Lorsque la personne est allongée, elle n'a quasiment pas mal, tandis que les douleurs s'intensifient lorsqu'elle est debout. Les douleurs disparaissent généralement d'elles-mêmes en moins d'une semaine. Les séquelles sont extrêmement rares. Parfois, en guise de mesure thérapeutique, on injecte le propre sang de la patiente au point de ponction, car les maux de tête sont particulièrement pénibles pour une jeune mère qui vient d'accoucher.  

Problème avec la cicatrice interne?

Nos trois enfants – le plus jeune a 18 mois – sont tous nés par césarienne. Lorsque le dernier est né, une déhiscence utérine a été constatée lors de la césarienne (écartement des différentes couches de tissu). Comme nous avons toujours voulu quatre enfants, on nous a recommandé de faire contrôler la cicatrice interne de la césarienne avant une nouvelle grossesse. Le contrôle a malheureusement montré que la cicatrice utérine s'était bien refermée mais qu'elle était très fine, 3,5 mm environ. Cela peut-il entraîner des problèmes pour une nouvelle grossesse? De plus, j'ai subi une réduction mammaire. Pourrai-je quand même allaiter? V.P.

Dr Bruno Jürg Studer, gynécologue, médecin accrédité de la Klinik Hirslanden et de la Klinik Im Park à Zurich

Une quatrième grossesse est aussi possible après trois césariennes. L'épaisseur de la cicatrice de césarienne n'est pas un critère pour une grossesse ultérieure, ni la déhiscence utérine. Il n'est pas possible de soigner la cicatrice interne. Dans l'éventualité d'une grossesse ultérieure, il convient de prendre d'autres mesures de précaution que la mesure de la paroi utérine, comme le contrôle de la situation et de la fonction du placenta, une tocolyse anticipée et efficace ou encore la planification d'une résection environ 14 jours avant la date d'accouchement biologique. Rien ne s'oppose donc à une nouvelle grossesse; elle doit toutefois faire l'objet d'un contrôle par une sage-femme expérimentée. En ce qui concerne l'allaitement après une réduction mammaire, vous devez poser la question au chirurgien. Lui seul sait si les canaux lactifères ont été conservés jusqu'aux racines ou non.

Quand bébé regarde les étoiles 

Mon futur bébé a le "nez vers les étoiles" et se trouve en position postérieure. Est-il quand même possible de le mettre au monde spontanément, sans césarienne? Quelle est la différence avec un enfant qui naît en position normale? Dois-je m'attendre à des complications?
A.W.

Dr Reto Stoffel, gynécologue, médecin accrédité à la Hirslanden Klinik Im Park de Zurich

Quand on dit que le bébé regarde les étoiles, cela n'a pas de signification médicale. Pendant la naissance, la tête de l'enfant se tourne et se place généralement de façon que l'occiput soit orienté vers l'avant et le visage vers le sacrum. Il s'agit de la présentation dite ''normale''. Dans 5 % des cas, il n'en est pas ainsi. Si les dimensions du bassin sont normales, la naissance peut se dérouler normalement. Toutefois, en raison de la résistance accrue, elle dure plus longtemps et doit parfois être aidée avec une ventouse ou des forceps. Si le bassin est trop étroit, il est possible que le travail se ralentisse, auquel cas une césarienne peut s'avérer nécessaire. Le fait que le visage de l'enfant regarde vers l'avant – ou vers les étoiles – pendant la grossesse ne constitue pas un signe pathologique, car, comme indiqué précédemment, ce n'est que pendant la naissance, lorsque la tête s'engage, que cela peut avoir des répercussions sur le déroulement de l'accouchement.

Peur de la déchirure

Je suis enceinte de six mois. J'ai entendu des proches dire qu'il arrivait que le périnée se déchire à l'accouchement. L'épisiotomie n'est pas non plus un acte anodin. Maintenant, j'ai un peu peur. Puis-je faire quelque chose de manière préventive? C.D.

Sandra Schmid, sage-femme à la Hirslanden Klinik Stephanshorn:

Oui, pendant les dernières semaines de la grossesse, vous pouvez préparer votre périnée pour éviter les déchirures: massage du périnée, exercices d'étirement en position accroupie et consommation de tisanes de feuilles de framboisier (ou d'autres tisanes de préparation à la naissance). Ces mesures contribuent à assouplir les tissus du bassin. Pendant l'accouchement, la sage-femme va réchauffer et masser le périnée pour prévenir les lésions. Lors de votre admission pour l'accouchement, précisez que la bonne préparation du périnée pendant la naissance est très importante pour vous. L'éventualité d'une lésion et son étendue dépendent de différents facteurs: l'élasticité des tissus, la taille de votre enfant, la vitesse de l'accouchement et la façon dont le périnée a été protégé. Aujourd'hui, la déchirure du périnée est préférée à l'épisiotomie. Les lésions documentées en cas de déchirure, plus petites, ne concernent le plus souvent que les sites tissulaires fragiles – moins la musculature – et guérissent plus facilement qu'une épisiotomie. On ne procède donc que rarement à une épisiotomie. On y a généralement recours dans les cas où il faut agir rapidement pour éviter une détresse fœtale. On procède aussi à une épisiotomie si on craint une déchirure plus grande du périnée, ou s'il faut avoir recours à la ventouse ou aux forceps pendant la naissance. Mais l'épisiotomie n'est pas non plus systématique dans ces cas-là. Vous ne devez donc pas trop vous inquiéter.

Les antécédents d'anorexie peuvent-ils avoir des répercussions sur le bébé?

Pendant mon adolescence, j'étais anorexique. Aujourd'hui, j'ai 25 ans et je suis enceinte. Les années pendant lesquelles je souffrais de dénutrition peuvent-elles avoir des répercussions négatives sur le bébé? J'ai peur de parler à mon médecin de la maladie. T.F.

Dr Reto Stoffel, gynécologue, médecin accrédité à la Hirslanden Klinik Im Park de Zurich:

Vos antécédents d'anorexie – ou de boulimie – ne causent pas de tort à l'enfant pour la grossesse existante si vous vous alimentez de façon équilibrée et si vous ne souffrez pas de vomissements violents. Dans votre cas, vos antécédents ont toutefois un impact si l'on suppose que l'état de vos os n'est pas optimal après l'anorexie, car la grossesse ainsi que l'allaitement diminuent votre calcification osseuse de 10 % supplémentaires. Il me semble ainsi opportun d'en informer votre médecin traitant, pour qu'il contrôle votre taux de vitamine D (ce que je fais systématiquement chez toutes les femmes que je suis), quasiment toutes les femmes enceintes souffrant d'une carence en vitamine D. Cela peut entraîner un état d'ostéoporose et affecter lourdement votre système osseux.

Tête plate

Notre fils a quatre mois et dort sur le dos, comme il est recommandé de le faire. Même s'il passe beaucoup de temps sur le ventre lorsqu'il est réveillé et que nous le portons souvent, l'arrière de sa tête est bien aplati, ce qui n'est pas joli. Cela peut-il encore se corriger? F.L.

Dr Katayun Hojat Wüthrich, spécialiste en médecine pédiatrique au Hirslanden Praxiszentrum de Berne:

Depuis que nous recommandons de faire dormir les bébés sur le dos, nous voyons moins de cas de mort subite du nourrisson. Cette position entraîne un aplatissement de l'arrière de la tête, car elle est sollicitée sur une longue période. Si l'enfant préfère tourner sa tête d'un côté, l'aplatissement peut se développer de manière asymétrique, ce qui peut aussi affecter les os du visage.

Vous pouvez continuer à mettre votre fils sur le ventre (toujours sous surveillance) pendant la journée, non seulement pour corriger la forme de sa tête mais aussi pour renforcer ses muscles. Vous pouvez aussi le placer la nuit en alternance sur le côté droit ou gauche en soutenant la partie arrière de sa tête avec un coussin d'allaitement en forme de U. La journée, essayez de l'installer de façon que son attention soit attirée par différents centres d'intérêt. Dans de très nombreux cas, la prévention ou le traitement contribue à normaliser la forme de la tête. Si tel n'est pas le cas, des mesures telles que la physiothérapie, la thérapie craniosacrale ou l'ostéopathie peuvent aider. Dans les cas très sévères, des casques spéciaux sont recommandés.