Défi Carlo Crisci 2018

Le mardi 22 mai 2018, la Clinique Cecil a accueilli le traditionnel défi culinaire Carlo Crisci – Hirslanden Lausanne. Rencontre entre Yann Lambiel, humoriste et imitateur, et le Docteur Pierre Alain Triverio, responsable des services cliniques de Hirslanden Lausanne.

"Hier, j’ai regardé à la télévision Le meilleur pâtisser pour me plonger dans l’ambiance d’un concours de cuisine, explique Yann Lambiel. Je n’aurais pas dû. Je m’enfonçais de plus en plus dans mon fauteuil en me disant que le lendemain, ce serait moi devant les fourneaux."

L’humoriste a accepté de participer à la 10e édition du Défi Carlo Crisci dans les cuisines de la Clinique Cecil, à Lausanne et de défier le tenant du titre, le docteur Pierre Alain Triverio, responsable des services cliniques de Hirslanden Lausanne. Un concurrent redoutable qui, l’année dernière, avait éliminé Daniel Rossellat en deux coups de cuillère à pot.

Sous la houlette de Carlo Crisci, chef du restaurant Le Cerf, à Cossonay (VD), les deux hommes se sont préparés à séduire un juré composé de Josef Zisyadis, directeur de la Semaine du goût, et de Patrick Morier-Genoud, auteur et journaliste. "Il faut les surprendre, jouer avec les textures, les couleurs, les saveurs, précise en amateur éclairé, Pierre Alain Triverio. Pour cela je leur concocte un bon plat de ma mère revisité à ma manière. Il s’agit d’un saltimbocca de veau ni cru ni cuit. Je vais rôtir la viande à l’unilatéral, c’est-à-dire sur une seule face, de manière à former une cuisson en dégradé."

De l’omelette à la gastronomie

A côté de lui, un Yann Lambiel beaucoup moins convaincu par ses talents de cuisinier: "Je passe sans transition de l’omelette à la gastronomie. Pour dire vrai, je suis plus à l’aise, plus détendu, devant un public de mille personnes que dans une cuisine."

C’est raté. Affublé d’un tablier blanc de chef, l’humoriste doit mettre la main à la pâte et se concentrer sur ses préparations.

"Je vais élaborer une Trump Tower et ses petits Brélaz, accompagnée de ses deux Darbellay, sous un Constantin en sauce." Yann Lambiel se met à les imiter pour mieux expliquer l’intitulé de son plat: "Les petits Brélaz sont en fait des petits pois ronds et verts. Les Darbellay s’illustrent par de longues asperges. A vous d’interpréter. Et le Constantin est une sauce au parmesan, jaune comme le feu qu’il a allumé au sommet du Cervin." Si l’on traduit, cela donne un carpaccio de bœuf en duo d’asperges et ses petits pois au parmesan.

Alors, Yann Lambiel se met au travail, écosse et pèle chaque petit pois en maugréant que tout cela va quand même très lentement. "Je n’ai pas beaucoup de patience. Je suis plutôt bateau à moteur que voilier." Il tranche son filet de bœuf en carpaccio, coupe ses asperges dans la longueur, taille son citron confit en brunoise. Il se prête au jeu. Y prend peut-être goût. On ne l’entend plus. Concentration maximale.

Pierre Alain Triverio est lui aussi à son affaire. Il opère avec minutie, coupe ses médaillons de veau, fait frire des feuilles de sauge en beignet et du jambon en chips pour apporter du croquant. Il cuit des risoni, pâtes grecques en formes de gros grains de riz. Il n’a pas l’intention de laisser filer son titre.

Le défi Carlo Crisci déjà 10 ans

"Ce défi existe depuis maintenant dix ans, précise Carlo Crisci. Une sorte de Top Chef avant l’heure qui avait pris naissance pour fêter mon partenariat avec les clini- ques Hirslanden. Miss et Mister Suisse ont ouvert le bal, puis de prestigieux vainqueurs ont tous offert des plats variés et originaux. Ce défi a permis de déclencher des talents."

On pense à Pierre Keller qui s’est imposé trois années de suite face à Jean-Claude Biver, Fathi Derder et Frédéric Recrosio. Il fut battu en 2011 par Jean-Charles Simon. Puis ce fut au tour de la cantatrice Brigitte Hool de s’illustrer avec sa cuisine végétarienne face à la directrice des Editions L’Age d’Homme, Andonia Dimitrijevic, au professeur de radiologie Nicolas Theumann et au pianiste Thierry Lang. Elle s’inclinera devant le regretté Raymond Burki et sa fabuleuse truite de rivière. Ce sera ensuite Daniel Rossellat et le redoutable médecin Pierre Alain Triverio.

Ce dernier a terminé son saltimbocca en forme de couronne… un présage? Yann Lambiel, qui semble avoir pris goût à la cuisine, monte les tours de sa Trump Tower et présente une très belle assiette gourmande et colorée. Alors… roulements de tambour… égalité! Ils reviendront en deuxième semaine. Ou du moins l’année prochaine.