Les varices pelviennes sont des veines dilatées autour de l’utérus, des ovaires ou du vagin. Lorsqu’elles s’accompagnent d’un reflux veineux et de symptômes caractéristiques, elles peuvent être responsables d’un syndrome de congestion pelvienne, aujourd’hui intégré au groupe plus large des troubles veineux pelviens ou Pelvic Venous Disorders (PeVD). Cette cause de douleurs pelviennes chroniques reste encore insuffisamment reconnue.

Une expertise spécialisée à Genève

Le PD Dr Romain Breguet, radiologue interventionnel FMH et EBIR, possède vingt ans d’expérience en radiologie interventionnelle. Depuis plus de dix ans, il a développé à Genève une activité de référence dans le diagnostic et l’embolisation des varices pelviennes. Sa pratique se distingue notamment par l’utilisation maîtrisée d’agents embolisants liquides, seuls ou associés à d’autres dispositifs selon l’anatomie et le réseau veineux de chaque patiente, ainsi que par une consultation de suivi personnalisée.

Diagnostic et examens réalisés

La première étape est une consultation spécialisée. Elle précise le type de douleur, ses facteurs déclenchants, les grossesses antérieures, les traitements déjà réalisés et la présence éventuelle de varices vulvaires ou des membres inférieurs.

Le bilan d’imagerie est choisi en fonction de la situation. Il peut comprendre une échographie Doppler pelvienne et veineuse, une IRM pelvienne avec étude du réseau veineux ou, dans certaines situations, un scanner. Ces examens recherchent un reflux des veines ovariennes ou des branches des veines iliaques internes, des varices autour de l’utérus et du vagin, ainsi qu’une éventuelle compression veineuse telle qu’un syndrome de May-Thurner ou un syndrome de casse-noisette.

L’IRM aide aussi à rechercher d’autres causes de douleur, notamment une endométriose, une adénomyose, des myomes ou une pathologie ovarienne. Lorsqu’une embolisation est décidée, une phlébographie sélective est réalisée au début de l’intervention. Cet examen dynamique confirme les veines responsables et permet d’adapter immédiatement le traitement.

Quand proposer une embolisation ?

L’embolisation est proposée lorsque les symptômes sont compatibles avec une origine veineuse, que l’imagerie montre un reflux ou un réseau variqueux concordant et que la gêne justifie un traitement. La décision ne repose donc pas sur le seul diamètre d’une veine. Elle tient compte de l’ensemble du bilan, des autres causes possibles de douleur et des attentes de la patiente.

Il s’agit d’un traitement mini-invasif réalisé par un radiologue interventionnel. Sous anesthésie locale, avec une sédation légère si nécessaire, une veine est ponctionnée sous contrôle échographique au pli de l’aine, au bras ou au cou. Un cathéter très fin est ensuite guidé jusqu’aux veines ovariennes et pelviennes sous contrôle radiologique.

Après la phlébographie, les veines pathologiques sont fermées de manière ciblée. Le Dr Breguet utilise notamment des agents embolisants liquides, qui permettent de traiter le territoire veineux pathologique, seuls ou en association avec des coils selon l’anatomie et le flux. Un contrôle final vérifie l’occlusion des veines responsables et l’absence d’embolisation non ciblée.

L’intervention dure généralement entre 60 et 90 minutes. Elle ne nécessite pas d’incision abdominale ni d’ablation de l’utérus ou des ovaires. Une surveillance de quelques heures est prévue après le geste. Le retour à domicile est le plus souvent possible le jour même, parfois après une nuit d’observation selon la situation clinique.

Bénéfices et résultats attendus

L’objectif est de supprimer le reflux veineux responsable de la pression dans les varices pelviennes. L’amélioration est généralement progressive sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. Selon les séries publiées, environ 70 à 90 pour cent des patientes rapportent une amélioration durable de leurs symptômes, soit un ordre de grandeur proche de 80 pour cent.

Le traitement peut réduire les douleurs et la pesanteur pelviennes, les douleurs après les rapports sexuels et certains symptômes liés aux varices vulvaires ou des membres inférieurs. Il permet une récupération rapide et évite une chirurgie abdominale. Il s’agit d’une approche conservatrice qui ne retire ni l’utérus ni les ovaires.

Une disparition complète des douleurs ne peut pas être garantie. Les douleurs pelviennes sont parfois multifactorielles et une endométriose, une atteinte musculaire du plancher pelvien ou une autre pathologie peut persister. Une réponse partielle, une persistance de certaines varices ou une récidive sont possibles et peuvent conduire à une nouvelle évaluation.

Suites du traitement et suivi

Une douleur pelvienne transitoire, une fatigue, de légères nausées ou une température modérément élevée peuvent survenir pendant les premiers jours. Ces manifestations correspondent le plus souvent au syndrome post-embolisation et sont habituellement contrôlées par des antalgiques et des anti-inflammatoires. Un petit hématome au point de ponction est également possible.

  • repos relatif pendant les premiers jours et reprise progressive des activités
  • éviter le sport intense, le port de charges lourdes et les rapports sexuels pendant environ une semaine
  • consulter rapidement en cas de fièvre persistante, de douleur qui s’aggrave, de saignement important au point de ponction, d’essoufflement ou de gonflement d’une jambe

Le suivi est personnalisé. Une consultation de contrôle est habituellement organisée à trois mois afin d’évaluer l’évolution des symptômes. Une échographie Doppler ou une IRM peut être proposée selon les constatations initiales et la réponse clinique. En cas d’amélioration incomplète ou de récidive, le bilan recherche un reflux résiduel, une voie veineuse collatérale ou une compression associée afin de discuter la conduite la plus adaptée.