Bol d’Or Mirabaud : le calme avant la tempête

Le 15 juin dernier, l'équipage de Double You Team du D35 Cabestan remettait son titre en jeu lors de la 81ème édition du Bol d’Or Mirabaud. Une régate effectuée dans des conditions extrêmes qui a sollicité toutes les forces, physiques et mentales de l'équipage. Christian Wahl, "le sorcier du lac", revient sur cette édition marquante.

1 : Comment se préparer physiquement et mentalement avant le Bol d’Or Mirabaud, après avoir été vainqueur en 2018 ?

Au niveau médical et physique, et ceci pour toute la saison voile, on commence à se préparer en avant saison avec, notamment, un bilan médical effectué par les médecins du Centre de Médecine du Sport et de l’Exercice de Hirslanden Clinique La Colline.

Cela nous permet d’évaluer notre forme physique et de réaliser les exercices de préparation nécessaires. Ensuite, vient la préparation mentale. En tant que vainqueur de la dernière édition du Bol d’Or Mirabaud, il est vrai que nous avions une petite pression supplémentaire. Mais cette 81ème édition était mon 30ème Bol d’Or... L’expérience me dit aussi que le jour J, tout peut être décisif.

2 : Cette édition était particulièrement agitée ! Face à de telles conditions comment gérer le stress et un équipage ?

On prépare activement cette course notamment au niveau météo. Il y a eu des conditions exceptionnelles qui étaient annoncées avec la confirmation du coup de vent le vendredi matin, veille de la régate.

Ces prévisions nous ont permis de nous préparer en conséquence et de prendre toute les mesures nécessaires pour briefer l’équipe. On répète alors des manœuvres que nous devrons effectuer dans ces conditions et l’équipe est ainsi préparée pour affronter ces orages. Ensuite, on gère les événements avec l’expérience et toutes les compétences présentes à bord. Il ne doit pas y avoir de mauvais stress à ce moment-là, et si stress il y a, il est maîtrisé.

3 : Quels enseignements tirez-vous de cette expérience de forte tempête sur le lac ? Les choses à faire et à éviter ?

Des conditions extrêmes qui ont duré plus de 40 minutes avec trois coups de vents successifs. Il faut être attentif, prêt, et faire ce qu’il y a à faire dans ces conditions et surtout éviter de faire ce qu’il ne faut pas faire ! L’équipe a réalisé les bonnes manœuvres au bon moment. Nous pouvons confirmer de cette expérience que l’anticipation, la connaissance, la maitrise et le travail d’équipe sont les principes clés pour affronter de tels éléments dans ces conditions.

4 : Si vous deviez retenir 1 seul mot de cette édition ?

L’arcus. Il s’agit d’un nuage exceptionnel, une onde qui se forme et se propage à l’avant du front orageux, à l’origine de vents tempétueux. 

Christian Wahl

Barreur du D35 Cabestan